- aux frontières du Sabbat

Affichage des articles dont le libellé est vin rouge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est vin rouge. Afficher tous les articles

Je veux plus


Comme dans un lit chaud et humide
tu mets tes doigts secs et froids sous les couvertures.
Elles sentent le vin cuit par ta bouche sèche.
Le vin, dans la cuisine, que nous n’avons pas fini. Et tu t’en vas déjà.
Comme quand tu parlais de celui qui avait eut un accident de voiture. Il n’est pas mort. Ou si peut-être. Déjà mort. Je voulais le revoir, et c’était trop tard. Trop tard pour le suivre. Trop tard pour lui dire qu’il a raté sa vie. 
Et tu allumes cette fille. joie. un coup de téléphone retentit dans ma tête. et ça lui jette une bouffé d’air frais. l’eau. le bain. la piscine. 
Plus tard j’écrirai sur ta peau. 
Dans la nuit. J’ai trop dormi dans les boites de nuit. Tu donnes ta clef. Voisine. Et ton café. Et les gens. Pierre. Pierre. Tu t’en vas. Tu t’en vas. Pierre. 
Partir dans la mer mère. amer. amertume. amarrer. marécages. lenteur. la lenteur du vide. Sans toi. Dans la rue. Vite. Se retourner. Partir. Savourer; Boire du vin. Sans toi. 
Se réveiller dans tes bras. froids. secs et froids. écouter son cœur. sans cœur. pas. pas avant. en traversée. la vie. sans. sens. la pluie. Paris. gris. froid. vent. vin. sans. rien. inondation. 
Suffoquer. Aérer l’appartement. 
Comme dans un rêve. les yeux fermés. les paupières se perdent dans un champs d’amour. jamais apprécié par celui qui le reçoit. et pourquoi. ça ne sert à rien. 
Foutre. fondre. foutra. faudra. lui dire. rien. Tout est dit. 
Et je te regarde. 
Et je regarde cette rue. 
Et les gens. où vont-ils ? ces gens ? et nous ? et toi ? et moi ? 
Partir en voyage dans ta baignoire. poison. partir. le rejoindre. et puis. plus rien. 
Rien. Rien. 


Il n’y a plus de bon-jour pour toi,
qu’une succession de présents,
une addition de distances par appuis répétés sur la touche plus, plus, je veux plus.
Mais il n’y a plus plus rien que la vacance. Le pubis rose et lisse, comme rebouché d’un ange. Reste cependant : quelque chose. Une tension. Le sexe sublimé, obsession érotique, j’imagine enfoncer une collection d’objets dans ton plus intime. Insérer sans cesse. 
Ton sexe, enfin rendu solaire, seul interlocuteur de ces pensées récursives. Ton sexe parle, mes pensées grondent, dialogue en crescendo assourdissant, sans limite que le cri final, ou la rupture tout court, blocage complet de l’obsession....

L'amitié a bon dos

Voilà un pivot.
La fin d’année approche.

Le dernier voyage rangé dans l’onglet décembre, il n’y a plus qu’à attendre la chute.
Nous voilà dans une chambre anonyme, drôle d'endroit. Au bord du coït. L’étreinte est là, toute proche, dans les corps, dans les regards...
Debout face au vent, arc-bouté à l’entrée de ce sexe offert, je fait des nan, nan, naaan, et tente un 'vive l’amitié', priant pour échapper au désastre. Elle a une composition du visage qui répond, très bien, sans marquer de rancoeur excessive, un truc limite louche, mais un peu rassurant.
Seulement, ses yeux. Ses yeux continuent de briller. Irradient de promesse...

Je passe rapidement en revue les différents positions, cherchant celle que le manque de désir n’oblitérerait pas. Lui proposer une verge amicale, sans troussage ? Boire beaucoup, laisser venir ? Baiser n’est tout de même pas aussi dur qu’écrire !

Doucement excité par les premières idées, je pense au corps que ces vilaines étoffes de service pourraient dévoiler, et flippe un peu. Les stigmates d’une mort passée tout prêt, qui reviendra. L’embarras anticipé. On avait trinqué au désir, ouais. J’imagine.
Le désir. Désir de fuir, désir de défaire l’écheveau absurde qui m’a amené là.

Etrangement, je pense à Olivier dans cet échange. Je pense à tous les hommes, à toutes les verges tendues dans tous ces cons aimables, et regarde mon amie. Ma pauvre amie.
Bien, mais que faire ?
Ces vêtements, cet abandon, tout concourt à décrédibiliser notre petit intercourse. Le coup était foutu d'entrée. N’importe quel connard à peine pubère aurait pu le constater, et bien inspiré m’aurait poussé sur le côté pour ouvrir clairvoie et...
«Qu’est-ce que je fais de toi, un amant, un ami ?»
Vent debout...

Contre le désir. Contre l’idée reçue. Contre la situation.
J’ai écrasé mon sourire le plus gêné et imploré, 'non'..., merci, vraiment.