- aux frontières du Sabbat

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Eructation épistolaire

D'abord tu seras contente d'apprendre que j'ai cessé de jurer comme un patachon, à tout va. La fréquentation des mineurs, même néo-pubères, t'oblige à rien, mais tout de même. 
Lorsqu'il est entendu, l'impact du mot n'est jamais nul, il provoque une réaction en chaîne d'autant plus redoutable qu'elle est souterraine. Comme une étoile vibrante. Alors on retrouve des perturbations du champs magnétique, jusqu'au dedans de l'adulte, des siècles plus tard. 

Dans la pratique, en revanche, l'onanisme compulsif reste de vigueur. Différents diagnostics confirment qu'il s'agit d'un biais inaliénable. C'est ça, ou l'amputation, a lâché le toubib en s'arrosant de gel hydro-alcoolique après un rapide tâté. De fait, il y a encore deux minutes je me régalais du frottement de cette nouvelle étoffe sur mes gonades, au rythme de la marche. 
C'est une coupe droite, de la came turque qu'on touche au bazaar, côté Zoravar Andranik, en promo à 7000 balles. Le super 120's vient délicatement secouer mes bolloches. Je m'oublie au sursaut lascif de ma mémoire… 

A notre dernière rencontre tu portais une salopette. 
A moins que ça n'ait été une jupe. 
Une nippe quelconque, en fait, recouvrant mal cette fraîche nudité qui transpire, qu'on devine à chaque souffle. Obnubilé par l'absence d'étoffe, adoptant la fermeté implacable de cette vilaine logique, j'ai pensé alors te repousser dans le hall dont tu sortais. Puis t'épingler là, contre le mur, avec des convulsions d'épileptique. 
On a déambulé dans les rues Paris. J'avais des picotements dans les doigts.   

L'usage qu'on peut du monde

Le monde à l’usage, pfff !
Je dis pas, hein, que... Non ! La vie est gouzy gouzy, super glop. Et quand le carbu fait mine de... un coup de tanne, un putain de coup à déchausser les dents, vlan ! et le moteur repart. Ça marche tout seul. Gouzy, on vous dit.
A l’usage quelques litres d’alcool, c’est le conseil du toubib. Il m’a dit, tel quel : bois! bois! boit! buvez! buvons! boivent! avant de s’enfermer dans son office avec sa réserve, plus mon flasque à whisky. Mon flasque ! 
Celui-là même, payé avec les sous du contribuant, la sueur boisée de mes aisselles, la maille de mes ancêtres. Putain de toubib. Obligé de trinquer à mes frais, et cependant, je maintiens : la vie est gouzy. 

A l’usure, le monde, cependant... 
Simple question de tribologie : la vie en se frottant au monde subit une force tangentielle opposée à son mouvement. Aussi à l’usage, le monde produit-il chaleur et lumière, au gré de variations de niveaux d’énergie électronique des atomes de surface. Inutile d’être normal pour en débiter de telles, c’est dans les livres, avec des images, sans jamais un mensonge. 
Mais ce n’est pas tout. A force de tribologer gaiement tout ce beau monde : il s’use. Et l’usager ? Pire encore ! Y laisse son épiderme, son derme, bientôt ce n’est plus que chair et os à nu traversant l’Asie Centrale dans une Topolino poussive ! Ah, notre fier explorateur ! Fier et nu, rouge sanglant, regardez-le !

Voilà comment, voilà pourquoi, sont venues les idées. 
Celle du Trinitron 21‘‘, d’abord. Chers ingénieurs, bien intentionnés, visant l’arrêt de l’homme pour en réduire l’usure. Celle des gants-genouillères en Kevlar (r), dans cet ordre ou un autre, quelle importance ? L’homme, trop content d’ajouter une couche à sa panoplie, ajoute, ajoute. Il peut enfin frotter sans usure... 
Ajoutez l’alcool, lubrifiant universel. 
Et la cyprine, lubrifiant naturel. 
Tout est bon pour réduire notre coefficient de frottement, augmenter l’ennui, allonger la vie. Dans ces restes d’existence, tout est rapport. Tout est sexuel. Abstinence ou rapport monnayé, usage du monde, usure du nombre, chers usagers, chères usagères du monde. Zagères du monde. Chers du monde. Merci. 
Et les réseaux. Et les décors. Merci aussi. 
Vous pouvez vous lever et partir.
Prenez garde à ne pas rêver trop fort.